Maxime vs La Basajaun

(Course de gravel 841km et 16 000 D+)

Lorsque je me suis inscrit sur cette course l’hiver dernier l’idée était d’aller chercher des courses plus difficiles au niveau des parcours et au niveau des concurrents. 

La Basajaun s’inscrit parfaitement dans ces deux critères, l’an dernier c’est Mathia de Marchi qui a remporté l’épreuve, sa vitesse le classe parmi les plus rapides au monde sur cette distance. Cette année en parlant de concurrence on peut voir dans les inscrits des noms connus comme Sofiane Sehili ou Anatole Naimi. 

Question parcours avec 500 km de Gravel, 300 km de route, 50 km de vtt et 6 kilomètres de marche ça semble être engagé aussi, tout ça dans le pays Basque. C’est ma première course d’ultra avec autant de km de Gravel. Pour m’y préparer j’ai repéré une partie de la course de l’an dernier du coté d’Iraty, l’accumulation des km dans les pistes et le dénivelé y est brutal. 

Il ne tarde d’y être, la pause depuis la Désertus à été longue ! 

Préparation du matériel

Avant le départ je vous présente mon vélo pour cette course. Grâce à la vidéo que je ferai pendant la course GCN a réussi a m’avoir la crème de la crème de chez Canyon, Le Grail CFR en Sram Red. Une belle base qui pèse seulement 7,5 kg. Je l’upgrade en montant une transmission sram gx avec un dérailleur direct Mount et une cassette 10/52, j’installe également les prolongateur Canyon sur le combo cintre potence. Je sélectionne une paire de roue Néo avec les rayon Berd (paire de roue ultra-légère que j’ai l’habitude de rouler), je monte dessus une paire de pneu Hutchinson Caracal en 40 qui devrait être très performant sur ce terrain et me permettre d’avoir une belle vitesse sur les parties roulantes. J’ajoute aussi une lampe Exposure Strada fourni par Supervelo, et mes sacoches Miss grape. 

La course

Victoria Gasteiz 

Nous voici le 27 juillet au départ de la course à Victoria Gasteiz, c’est à seulement à 2h de route de la maison. Je me suis organisé tel un professionnel. Je prends ma chambre d’hôtel, fait un repérage du centre ville, pars me reposer à l’hôtel, retourne en ville pour prendre mon pack de course et assister au briefing. 

Première surprise, le briefing en anglais fait salle pleine ! Je suis vraiment sur une belle course qui amène des coureurs de l’Europe entière. Au total nous sommes environ 250 prêts à en découdre dès le lendemain matin sur la course. Briefing terminé je retourne au plus vite à l’hôtel pour manger dans ma chambre et dormir au plus vite. Le départ n’est pas très tôt le lendemain matin mais il s’agit d’arriver reposé. 

Départ

7h Place centrale de Victoria Gasteiz on se retrouve tous pour le départ fictif et les 7 premiers km que nous ferons tous ensemble, ça tombe bien que nous roulions tous ensemble, j’ai mis à jour des fichier dans mon application Wahoo et perdu mes fichiers en même temps… J’ai reconnecté un mauvais compte, je prends quelques minutes en roulant pour réparer cette erreur. 

Je pars discuter en tête de course avec Sofiane et Anatole. On est un petit groupe mais c’est assez étrange, dans une course d’ultra on ne doit pas se retrouver à rouler dans les roues. Après quelques kilomètres je m’échappe en accélérant le rythme, cela me permet de partir sur mon propre rythme et passer les passages singles techniques sans être gêné par d’autres. 

Les kilomètres passent bien, assez rapidement il commence à faire chaud, j’en profite pour me repeindre avec de la crème solaire, c’est pas très beau mais ca m’évitera de prendre des coup de soleil. Au kilomètre 200 après une longue portion de gravel dans les montagnes je tombe sur un centre ville avec un bar, à ce moment là je suis deuxième après m’être fait doublé par Carlos. Je prends un coca, 2 bouteilles d’eau et mange une glace. Le troisième arrive à ce moment là et prend à boire sur un rythme effréné, il me presse, je repars en finissant ma glace en roulant. 

10 km plus tard une fontaine me tend les bras, je m’y arrête pour me rafraîchir et reprend la route. Les sensations sont bonnes, le rythme est effréné et nous sommes presque 10 avec 10 km d’écart après plus de 250 km.

J’arrive du coté de la frontière et surtout de Ronceveaux que je connais bien pour sa fontaine et ses deux restaurants, il est 19h, je profite du passage pas loin pour m’y arrêter prendre un bocadillos avant la nuit, je suis déjà bien entamé. A ce moment je sais que je suis en train de me faire doubler par Anatole et un Allemand, mais pas le choix, ça ne sert à rien de rester devant sans manger pour être complètement épuisé dans la nuit. 

1ère nuit – 300km et 6000 de D+ depuis le départ

Je repars, ça y est la nuit est tombée, la fatigue est présente mais pas au point de m’endormir. Je suis passé en mode ultra c’est plaisant ! Les difficultés s’enchainent plutôt bien depuis le départ, je suis pas loin des 300 kilomètres avec 6000 de D+. 

Je sais qu’à partir du kilomètre 330 environ je serais tranquille pour 150 km niveau D+ avec la traversée du Desert de Bardenas et ses alentours. Dans une longue descente je commence à somnoler et il ne fait pas très chaud : j’ai froid et je m’endors. Je décide de m’arrêter pour dormir dès que je trouve un spot approprié.

J’entre dans un village et trouve un spot idéal ; deux bancs, une fontaine et même une balançoire. Je m’installe et qui vois-je sortir de derrière un mur? Anatole qui s’était mis à l’abris des regards ou tout simplement caché de la lumière. On discute un peu et je mets mon réveil pour 8 minutes de sommeil. Je m’endors et m’entends même ronfler, le réveil sonne, il me faut repartir. Anatole est déjà debout, il essayait de partir en douce ? 

On repart ensemble, nous sommes à ce moment de la course deuxième et troisième derrière ce fameux Carlos qui ne s’arrête jamais ! Le Rythme d’Anatole est poussif par rapport au mien, je le laisse partir pour rester dans ma course. 

Au petit matin je ne suis toujours pas passer dans le désert de Bardenas mais très bonne nouvelle je tombe sur un café ouvert, j’en profite pour prendre un café et un Colacao ! Ca fait du bien je reprends la route ! 

2ème jour – 400km depuis le départ

Je traverse Bardenas sans encombre en profitant d’un magnifique levé de soleil, je le connais bien ce désert. Cela fait 24h que je suis parti et je frôle les 400 km depuis le départ. Le rythme est moins rapide que ce que je pensais, il faut dire que le terrain est assez cassant. 

A la sortie du désert je trouve une boulangerie ou je fais le stock pour un bon petit déjeuné sur le vélo. Les gâteaux sont plus secs que ce que j’imaginais mais peut importe, il faut mettre de l’essence dans le moteur et je ne suis pas encore à mi-course. 

Les kilomètres s’enchainent bien et je vais bientôt recommencer à prendre du dénivelé. Les traces sont variées entre du gravel, des petites portions de route, un peu de VTT et un peu de portage, ça reste équilibrer. 

Le passage le plus dur de ma vie

J’arrive au km 488 qui est pour moi le pire passage de la course. La trace nous fait passer par un lit de rivière qui ressemble plus à un amas de gravier ou une déchèterie plutôt qu’une piste pour y faire du vélo. De chaque coté ce sont des vignes avec de terre labourée donc inroulable. Je pousse et c’est interminable. Je regarde sur le compteur, presque 8 km au total en plein soleil sans air pour rafraîchir. (Juste après mon passage l’organisation a décidé de contourner ce passage, il aura eu raison de Sofiane qui s’en va à l’hôtel après un bon coup de chaud)

Retour sur du roulant

En parlant de coup de chaud, il fait terriblement chaud ! J’économise au maximum l’eau mais ce n’est absolument pas évident. J’enchaine sur des collines bordées d’éoliennes, pas de village à l’horizon, je m’accroche réellement. Au bout d’un moment je vois un panneau de ville Muro Del Agua ! Avec mon espagnol approximatif je m’imagine qu’il va y avoir de l’eau… Bingo, grande fontaine à l’entrée du village, une piscine municipale et même un café ou je m’arrête boire un coup. J’y croise même Carlos qui m’explique qu’il abandonne à ce moment la. Je passe donc en deuxième position une quinzaine de kilomètres derrière Anatole. L’écart n’est pas grand, je continue sur mon petit rythme sans faire trop de pause. 

Je suis de nouveau dans de très belle ascension, moitié gravel, moitié route. J’enchaine petit à petit, j’aperçois dans le ciel un beau nuage menaçant et je me dis qu’un peu de pluie ne ferait pas de mal… 

Foutaise, 30 minutes plus tard c’est une averse de grêle à 1500 m d’altitude qui s’abat sur moi, la température dégringole instantanément et je me protège sous un arbre pour éviter de prendre les grêlons sur la tête !

2ème nuit – 650km depuis le départ, 200km jusqu’à l’arrivée

La deuxième nuit arrive et il me reste le plus gros col de la course, une montée gravel raide pour atteindre le plus haut sommet à 2000m d’altitude. La montée est raide, très raide et j’adopte une technique simple, au-delà de 10% je pousse le vélo, en dessous je pédale ! J’arrive au sommet et enchaine sur la descente. Au tout début de la descente je chute ne voyant pas une pierre qui se prend sous ma pédale. J’arrive au sol et fais le bilan des blessures, un genou légèrement écorché et une pomme de main qui a un peu frappé le sol. Rien de terrible, je repars dans cette descente qui est assez cassante. 

Je n’arrive pas à garder de la vitesse dans la descente, les chocs sont trop brutaux pour moi. Je n’arrive pas à garder mes mains sur le guidon, j’ai mal au dos, la fatigue est bien présente. Je descends à la même vitesse que je montais… La descente est très longue, plus de 20 km. On est en pleine nuit, j’arrive enfin dans un village ! La délivrance, il ne me reste plus que 150 km à faire. J’en profite pour faire une nuit de 10 minutes sur un banc proche d’une fontaine, la fatigue est vraiment la mais l’arrivée est proche !

Je repars et commence une longue descente sur la route, le problème est que je m’endors, il me reste au moins une heure à tenir avant le vrai levé de soleil, je ne trouve rien sur la route pour m’arrêter boire un café ce matin… J’ai du mal à manger, à boire, je pédale et subis le terrain. 

La fin est beaucoup plus cassante que j’imaginais, c’est Riccardo un copain qui m’a dit au départ, la fin c’est roulant.. Ne t’inquiète pas… Foutaise ! Je pousse, traverse des rivières, glisse sur des rochers, prends des descentes escarpées… Une horreur et le soleil est de retour…

Heureusement l’arrivée est proche ! J’y arrive justement, au bout d’une montée en bitume je vois un photographe au loin et une personne avec les bras en l’air ! C’est le soulagement ! Je suis arrivé, deuxième, pas très fringant mais heureux. On discute un peu ensemble et ils repartent, moi aussi. Il me reste 20 km jusqu’au centre de Victoria-Gasteiz. 

Bilan d’après course

Apres une course vraiment éprouvante je suis vraiment soulagé d’avoir fini, deuxième c’est un beau podium ! La difficulté du terrain m’a même fait sortir de la compétition pour me concentrer sur le fait d’avancer, seulement avancer sous le soleil à faible allure… Bref, c’était vraiment dingue et rapide comme course ! Vivement la prochaine ! 

Une fois de plus je vous remercie pour vos encouragements qui me font avancer kilometre par kilomètre de course, vous êtes mon moteur pour m’aider à repousser mes limites. Merci aussi à tous mes partenaires qui m’aident à réaliser mes projets ! Groupe Clim, Canyon France, Hutchinson, Néo Wheels, Ttilika, Supervelo, Fastclub, Miss Grape, Spad Chanel.

Mention spéciale pour Glace Romane et le Café Romane qui m’ont promis des Dames Blanches offertes à vie lorsque je gagnerai !

Merci à Transiberica pour cette belle aventure !

BADLANDS le 1er Septembre ! 

Voir sur Strava

Solstice Sprint par les frères Roissard

Retour à la course pour Nicolas

Julien est habitué des courses Ultra dont il prend le départ désormais 2 à 3 fois par an.

De mon côté c’est une autre histoire, depuis que j’ai fini la French Divide en 2019, je n’ai pas refais d’épreuves de ce type.

Seulement quelques périples et challenges en off avec les copains ont ponctué ma vie sportive alors perturbée par ma vie d’entrepreneur.

Mais l’envie de goûter à nouveau à un ultra mêlée au défi de rouler en paire ont fini par me convaincre de participer à la Solstice Sprint avec Julien.

Pourquoi  avoir choisi la Solstice Sprint ?

Le lieu, au départ d’Angleterre pour une boucle imposée à travers les paysages Gallois, de quoi bien se dépayser!

L’esprit de l’organisation, dont l’objectif est entre autres de limiter l’impact carbone de la course. Cela colle très bien avec notre envie de ne plus prendre l’avion.

Le prix attractif, il faut bien l’avouer, les inscriptions aux courses ne sont pas toujours abordables.

La « finisher party » qui est un repas de bienvenue organisé la veille du départ. C’est la garantie de pouvoir partager un moment avec tous les participants quelque soit l’issue de leur épreuve..

Le départ, enfin presque !

Le départ sera donné dans une heure et j’attends devant la porte d’un magasin de vélo situé à 5 km de la ligne.

Revenons une semaine en arrière lorsque je décide de changer mes cales pour résoudre une gêne au genou gauche. S’en suivent plusieurs sorties de réglages sans vraiment trouver de solution.

La veille du départ arrive et j’ai toujours une sensation bizarre à mon genou gauche. Sans grande conviction on se dit que ça doit venir des pédales.

La nuit portant conseil, le matin du départ je me met en quête de nouvelles pédales.

La porte du magasin s’ouvre et ils ont des pédales Look que je fini par installer moi-même sous l’oeil du vendeur…

Je ressort, enfourche mon vélo, clip les pédales et c’est la délivrance ! Mon niveau de confiance est démultiplié et me voilà en route pour le départ !

Arrivé surplace, plus trop le temps de discuter avec les copains du Fast Club, on fait 2 photos, mange un bout et on se prépare pour partir.

Let’s go !

C’est l’été, il fait enfin beau et chaud, mes nouvelles pédales sont formidables, il n’y a plus qu’à profiter !

Fidèle à notre tactique de course, qui consiste à rouler doucement mais quasiment sans arrêts, nous partons les réservoirs remplis à blocs. Nous avons de quoi tenir jusqu’à 20h00 sans problème, heure à laquelle nous devrions pas être loin d’un magasin pour se ravitailler.

La journée commence bien, on prend nos marques avec la conduite à gauche. Les paysages quadrillés par les haies, que les britanniques ont eu la bonne idée de conserver, perturbent un peu nos habitudes. L’impression de rouler le long d’un mur en permanence est étrange et souvent effrayante à cause des automobilistes trop souvent imprudents.

Les premières difficultés arrivent avec aussi en récompense les premiers points de vues surplombant les plaines et collines alentours.

Il fait bien chaud mais heureusement, les haies et leur végétation apportent un peu de fraîcheur. La fin de journée s’installe avec de belles couleurs chaudes, les 200 premiers kilomètres sont derrières nous et il va falloir penser à manger et faire le plein pour la nuit.

Le « dîner » prit à l’arrêt cette fois-ci nous permet de se reposer un peu et de faire le bilan de la journée qui est plutôt positif : pas de douleurs particulières, pas de fatigue excessive, bonnes sensations ! Tout ça est de bonne augure pour la nuit.

Direction le Pays-de-galles

La nuit s’installe petit à petit tant dis que l’on s’aventure sur de petites routes qui serpentent dans de jolies villages traditionnels presque médiévales.

On passe en mode nuit, éclairages allumés, vigilance accrue aux nids de poules dissimulés par l’obscurité. L’état des routes est parfois catastrophique rappelant à Julien ces kilomètres parcourus dans les Balkans lors de la Transcontinental 2023.

Le deuxième tiers de course nous emmène sur des routes avec beaucoup de dénivelé réparti sur de nombreuses petites montées. Le sommet de celles-ci ne culmine jamais à plus de 500 m au dessus du niveau de la mer.

Pour pouvoir attaquer cette section montagneuse dans les meilleures conditions, on décide de s’arrêter dormir sur le bord de la route à 2h00 du matin.

Notre kit de couchage est volontairement très restreint avec seulement une couverture de survie combinée à toutes nos affaires chaudes sur le dos.

Cette solution de couchage s’avérera être un point faible de notre stratégie compte tenu de la température avoisinant les 10°c la nuit. Au bout d’une petite heure de sommeil léger, le froid en provenance du sol enherbé nous pousse à repartir.

Il est 3h00 du matin, l’obscurité commence déjà à faiblir tout doucement, on se réchauffe rapidement en commençant avec une belle petite ascension.

Ici le soleil se lève à 4h30! L’attente du lever du jour souvent difficile pour de nombreux ultra cyclistes, ne sera pour une fois pas trop longue.

Cela ne m’empêchera pas d’avoir un coup de mou aux alentours de 5h00 du matin, sur une magnifique route en crête éclairée par le soleil levant.

Les montées sans épingles

Le premier arrêt station service de la journée arrive après avoir franchi le point culminant du parcours aux allures de grand col alpin.

Les moutons et chevaux en libertés nous aurons offert une belle distraction dans les pentes les plus raides.

Les descentes sont aussi vertigineuses que les montées, c’est à dire droit dans la pente.

A la descente, on ne lâche que très peu les freins tellement la prise de vitesse est effrayante.

A la montée, ce sont les mains qui restent littéralement accrochées au guidon avec le corps qui se démène comme il peut pour aider les jambes.

Ces montées extrêmes à répétition ont mis à mal mes lombaires pendant plusieurs heures. La magie du corps humain et l’approche du littoral ont fini par effacer cette douleur pour mon plus grand bonheur.

L’arrivée de la pluie

Prévu depuis plusieurs jours, l’épisode pluvieux annoncé pour la nuit prochaine évoque en nous l’idée de profiter du soleil de cette fin de journée pour faire une bonne sieste au chaud face à la mer.

Nous regretterons bientôt de ne pas avoir mis en application cette brillante idée.

Après un joli passage le long du littoral, le parcours nous emmène de nouveau dans les terres avec encore de belles montées qui nous attendent.

La plus emblématique est sans hésitation celle jusqu’au barrage Stwlan Dam qui offre les seules épingles du Pays de Galles.

Avant de s’attaquer à ce beau programme, on fait un dernier arrêt station service pour faire le plein pour la nuit. La météo s’agite, le vent se lève, le soleil a disparu et la pluie arrive.

Après plus de 30h00 d’effort, je sens qu’une sieste avant la nuit pourrait être bénéfique. Ça tombe bien, un bel abri bus nous tend les bras. Après 30 minutes de somnolence peu réparatrice, étant toujours titiller par le froid dans le dos, on repart désormais sous la pluie.

L’arrivée au barrage se fait juste avant la tombée de la nuit sous une belle petite pluie. Les montés et descentes qui s’en suivent sont toujours aussi raides. La pluie s’intensifie et je commence à me refroidir. On prend alors le temps de s’équiper avec tout ce que l’on a.

Après le froid, la fatigue fait son retour, je commence à toucher du bout du doigt l’épuisement…

La nuit interminable

On trouve un nouvel abri, pas très accueillant mais de toute façon nécessaire pour pouvoir continuer. C’est encore un échec, le froid qui glace le dos, on repart complètement refroidi et toujours sous la pluie.

La grande ville la plus au nord du tracé arrive enfin. Mon niveau d’épuisement est alors au plus haut, Julien encore en forme, me promet un café une fois que l’on aura fait le tour de la forteresse en bord de mer.

Démarre alors le tour de la forteresse sous de fortes rafales de vent. Heureusement la pluie a faibli un peu. Je suis au bout du rouleau, à deux doigt de m’arrêter. Mais la vu au loin du petit feu rouge de Julien me pousse à continuer.

De retour à la ville, promesse tenu par Julien, le café est là. Il me permettra de tenir 15 ou 20 minutes de plus, le temps de trouver un abri avec deux bancs!

Cette fois-ci, on arrive à dormir plutôt correctement grâce au banc qui nous isole du sol.

Le jour le plus long

Au moment de quitter nos jolis bancs, je demande à Julien combien il reste de kilomètres. Sa réponse : « Un peu plus de 300km » je lui demande alors quelle heure il est, « 3h30 on devrait arriver vers 22h00 » , ma réponse « Tu rigoles, on ne va pas mettre 20h pour faire 300 bornes! 18h ça doit le faire à 20 de moyenne », on verra bien qu’il me dit.

Chacun repart dans sa bulle, le jour arrive déjà doucement avec de longues lignes droites cette fois-ci bien plates. La pluie est finie!

Arrêt station service à 6h00 du matin, on repart pour de nouvelles petites routes en mode montagnes russes. Nouveau coup de mou, qui nous touche tous les deux cette fois-ci.

L’énergie fini par revenir en nous juste avant d’attaquer l’une des dernières grandes montées. Le soleil est de retour et la journée va être chaude.

Jusqu’ici en tête du classement de la catégorie paire, on se fait déposer par la paire mixte. Notre énorme dette de sommeil y est sûrement pour quelques chose même si ça n’explique sûrement pas tout.

La journée se déroule étonnamment bien jusqu’à ce que je soit frappé par un nouveau gros coup de fatigue en fin d’après-midi. On paye de nouveau notre mauvaise solution de couchage, pas le choix, nouvel arrêt pour faire une sieste de 20 minutes et boire un café.

Comme tous les jours, Julien gère tout, la navigation, la bouffe, les arrêts, j’ai juste à pédaler. Sa gestion est d’autant plus importante sur ces dernières heures où je suis complètement à bout.

Les derniers kilomètres

Les derniers kilomètres sont un condensé de l’ensemble du parcours à petite échelle. Plein de petites montées très raides et plein de descentes très raides.

Ce sont autant de changement de vitesses à chaque changement de pente qui ont fini par rompre mon câble de dérailleur arrière.

Depuis notre sieste, je fini par retrouver la « forme » et désormais plus rien ne va m’arrêter jusqu’à la fin. C’est aussi ça la magie de l’ultra, passer d’un extrême à l’autre en l’espace de quelques heures.

Plus aucune douleur, de bonnes jambes, c’est ce genre de moment qu’il faut arriver à faire perdurer le plus longtemps possible.

La nuit nous attrape de nouveau, raté pour l’arrivée à 18h00. Au moins on profite encore une fois de plus du magnifique couché de soleil. Un dernier arrêt pour s’habiller contre le froid, ça sera le dernier avant de foncer vers l’arrivée ! Et au final il est 23h30 !

24h dans le Mont Artzamendi

Dans le Pays Basque il existe un col que les cyclistes surnomment l’Enfer Basque. C’est une petite montagne proche d’Espelette avec un centre de télécommunication à son sommet. Ce même centre est visible les jours clairs à plusieurs de dizaines de kilomètres aux alentours. Pourquoi est-elle surnommée l’enfer ?

Le sommet à 980 mètres, ce qui est terrible ce sont les pourcentages pour l’atteindre. Plusieurs kilomètres sont à plus de 15%, il est difficile de pouvoir garder du rythme dans de telle pentes ! La montée autant que la descente sont difficiles. Le Ventoux ou le Tourmalet à coté sont en faux plats montants…

Depuis quelques semaines mon entrainement est focalisé sur les différentes pentes raides du coin et je sens que je m’améliore. C’est sûrement grâce à ces acquis que l’idée m’a pris de me lancer un défi : « Faire le plus de montées possible d’Artzamendi en 24h ». C’est une bon entrainement de dénivelé et d’endurance mentale pour l’ultra distance.

Après avoir lancé le challenge sur les réseaux sociaux et encouragé les cyclistes du coin à venir partager quelques montées avec moi je n’avais plus qu’à me préparer et me lancer !

Vendredi 14 Juin,

Finalement la météo se présente plus que mauvaise, l’après midi est radieuse mais des orages s’annoncent pour la nuit et la pluie devrait démarrer dès 16h. Cela n’empêche pas les copains d’être venus m’accompagner. On s’élance pour cette première montée sous le soleil !

Arrivé au sommet je fais une belle photo du sommet sous le soleil (moment très important) et me lance dans la descente, en milieu de parcours je commence à prendre quelques petites gouttes, il est à peine 15 heure la pluie est en avance. Je passe au camion qui est mon camp de base, change de bidon et repars directement pour la deuxième. Avec moi c’est Clément qui s’y colle pour une deuxième montée. Malheureusement pour nous on ne voit plus le sommet qui est pris dans la brume.

Une fois rentrée dans la brume à environ 3 kilomètres du sommet on y retrouve de la pluie et pas mal de vent, j’ai déjà ma veste de pluie pour rouler… Finalement sur les montées suivantes de l’après midi la météo reste la même, des petites averses sur le bas et une entrée dans le nuage avec de la pluie et du vent sur les 3 derniers km. Je ne peux pas rouler avec mes lunettes, dans les montées je crée de la buée, dans la descentes la visibilité est nulle avec le brouillard, la pluie.

Étonnement les descentes se passent plutôt bien, les pneus en 40 de large me permettent de garder une belle adhérence. En parlant du vélo la transmission en plateau de 42 et cassette de 10/50 avec un dérailleur de VTT qui me permet de garder un minimum de cadence dans la pente et de ne pas trop forcer sur mes jambes pour grimper.

Bref les montées s’enchainent, tout va bien mise à part la pluie qui s’intensifie et me trempe totalement, à chaque descente j’en profite pour me réchauffer, me changer et manger dans mon camp de base, le Vito Groupe Clim.

C’est ma sixième montée, Tom un copain m’attend en bas pour m’accompagner, nous sommes sur la fin de journée. Fringant il m’annonce qu’il vient pour faire au moins 2 montées, avec les conditions au sommet j’en doute un peu mais je ne lui dis rien. Dans la montée on se retrouve avec quelques mètres d’écart, de toute façon on ne peut pas se parler la météo est trop mauvaise. La pluie est vraiment intense maintenant, j’ai même mis ma veste de pluie avec la capuche…

Au milieu de la descente je ressens des sensations étranges dans ma roue avant et surtout dans mon frein avant. Je m’arrête pour voir car la roue freine seule… Mon écrou de disque s’est complètement desserré et est sorti, le disque n’est maintenu que par l’étrier et les cannelures du système center lock. J’essaie de le resserrer et rien à faire. Au bout de 5 minutes d’essai sous la pluie je finis par démonter la roue et enlever le disque. La fin de la descente se fera uniquement avec le frein arrière.

Arrivé en bas comme après chaque descente sous la pluie je prends mon temps dans le Vito pour me réchauffer, me changer et manger. Au menu ce soir c’est Risotto et Banana Bread (en partie) Tom me rejoint quelques minutes plus tard, il ne fera qu’une seule montée ce soir !

Cette fois ci la nuit est bien tombé, je m’élance pour ma première montée seul depuis le début, c’est ma septième. J’ai mes lampes allumées et ma musique dans les oreilles. Ce soir c’est Johnny, la montée se passe bien et je prends encore pas mal de pluie. Dans la descente je me demande pourquoi je suis là… Je suis trempé, j’ai froid et l’eau me pique le visage dans les descentes.

Au camion un nouvel ami provenant de Bordeaux m’a rejoint, il vient faire des montées avec moi. C’est la magie des réseaux sociaux ! On arrive au sommet aux alentours de minuit et par chance la pluie a cessé. Enfin une montée sur le sec ! On enchaine immédiatement sur une deuxième !

Ça y est j’ai passé les 8800 mètres de dénivelé et donc l’Everest ! sur la prochaine montée je serais à 10 000mD+. Encore un nouvel ami nous a rejoint sur le parking, il est 4h30 du matin, il vient lui faire 2 montées ! (en plus il est venue avec du café) On est donc trois à ce moment là à rouler et la météo est toujours relativement bonne.

Nouvelle montée, mon ami de Bordeaux part se reposer pendant qu’Alan un copain de Bayonne est arrivée, il vient faire une montée avant d’embaucher à 9h ! Lui aussi m’a pris du café !

Le jour se lève et la météo se dégrade un petit peu, on roule toujours bien et les pauses au camion sont assez longues, il faut bien déjeuner et raconter quelques blagues.

Mes compagnons de nuit partent au boulot maintenant et j’ai la relève qui vient d’arriver, Michel, Caro et Emilie, pour encore un petit déjeuné. Je dois gérer cependant mes pauses car il me reste 6 heures et un aller retour plus la pause me coute 2 heures. Je sais donc que si je ne traine pas trop je finirai à 14 montées.

12 eme montées, 13 eme, ça y est je suis dans la dernière ! Un équipe de jeune entre 16 et 20 ans sont là pour m’accompagner, je peine un peu derrière mais je continue, c’est la dernière et la vision de l’arrivée me fait plaisir !

On arrive au sommet et le soleil est même revenu pour l’occasion ! On profite pour célébrer la fin du défi une première fois au sommet ! C’était pas si long en fait. Une fois en bas tout le monde est là, on peut célébrer une deuxième fois tous ensemble et je me dis que c’est fini en mangeant du pâté et du saucisson !

C’était une belle partie de manivelle, un bel entraînement et un beau challenge ! J’ai eu 24h pour y réfléchir, les cyclistes Basques ont raison : Artzamendi c’est l’enfer ! Mais c’est ce qu’on aime…

Un énorme merci à toutes les personnes qui m’ont accompagnées ! Un grand merci aussi à Antoine, Yoan et Lionel des médias qui préparent une très belle surprise !!! Adrien Ballanger et Yoan Imbert pour les photos.

Sans oublier mes partenaires, Canyon, Hutchinson, Neo Wheels, Groupe Clim, Miss Grape, Spad channel, SUPERVELO, Glaces Romanes, Ttilika et bien sûr GCN en Français

L’activité sur Strava : https://strava.app.link/2csoWgmm0Kb

La Desertus Bikus #3 2024 de Max

13 Avril 2024 Nous y voici, ma première course d’ultra distance de l’année et pour la troisième fois je participe à la Désertus Bikus.

Cette année cette course d’ultra nous amène de Hasparren dans le pays Basque à travers l’Espagne avec pas moins de 7 checkpoints à valider sur le parcours libre pour finir au Portugal dans la ville de Sétubal. 

Depuis le mois de Janvier j’ai repris ma préparation « ultradistance » avec beaucoup de longues sorties pour banaliser les longueurs et rendre ces efforts faciles afin de pouvoir pousser plus fort lors des courses. Après un mois de janvier débuté malade j’ai quand même réussi à faire mes entrainements. Dans cette lancée, j’ai continué sur Février mais j’ai subi une chute ralentissant ma préparation. N’aillant que les week-ends pour m’entrainer, chaque semaine était précieuse. J’ai tout de même réussi à faire un bon mois et j’ai enchainé sur le mois de Mars malgré une météo assez mauvaise. J’ai une nouvelle fois subi une chute qui m’a ralentit dans ma préparation. Fin Mars j’ai réussi à pousser un peu plus en finissant sur un très bon weekend de Pâques avec 600 km fait en 3 jours avec même une cyclosportive au milieu (la Beuchigue

Laissez moi maintenant, vous faire la présentation de la course. Pas de parcours, juste un passage a des checkpoint imposés. Nous avons eu les coordonnées GPS de ces checkpoints trois mois à l’avance et comme chaque année mon but est de faire la trace la plus efficace possible. Le but dans ma situation est de minimiser le dénivelé, trouver de bonnes opportunités gravel et avoir le moins de km possible bien sûr! Bien aidé par Clément Bancons, nous avons réussi à faire une belle trace de 1377 km pour 10500 D+. Le départ de la course était proche de la maison et les dernières semaines avant le départ m’ont également permis d’aller tester différents itinéraires, en particulier le passage de la frontière et le parcours dans le Désert de Bardenas. 

Passons au vélo maintenant et au setup complet. Ayant avec GCN plusieurs Canyon j’ai assez rapidement choisie l’Aeroad, les longues lignes droites espagnoles et la vitesse nécessaire pour jouer devant me faisant choisir la vitesse plutôt que le confort. Au vélo d’origine j’ai du échanger les plateaux pour des Rotor QRings Ovale, monter une paires de roues Néo Wheels en 55mm (bien plus légère que les Dt Swiss). J’ai monté une selle italia Novus (découverte juste avant la course) et enfin j’ai réussi avec l’aide de AEROPLUG à monter mes prolongateurs sur le cintre combo Canyon. Pour les sacoches je fais confiance à Miss Grape pour ma troisième année. 

Question pneu le choix était primordial et bien aidé par Hutchinson j’ai monté des Challenger en 32 mm conçu pour résister à toutes les situations. 

La course : 

Après une bonne semaine de repos et une belle après midi à dormir je suis prêt pour le départ, prévu pour minuit. 

A mon arrivée sur place je mesure la popularité grandissante de la course, nous sommes près de 300 participants cette année, l’ambiance est comparable aux autres années: conviviale et anxieuse face au défi qui nous attend. On se retrouve avec l’équipe Fastclub, on rigole pas mal tous ensemble, on est tous prêts avec chacun nos objectifs et nos parcours. Le couteau entre les dents on part pour la course ! Des les premiers mètres pas mal de participants roulent assez vite. Je suis de la partie avec Clément, à nos cotés le grand Justinas Leivaka qui fait office d’épouvantail sur la course. 

A chaque croisement les groupes se divisent, les possibilité sont multiples pour basculer en Espagne, on se retrouve à seulement 5 ou 6 en direction de St jean Pied de port, personne ne prend de gros relai dans le groupe, de mon coté je gère mon rythme pour assurer la distance, Clément se sacrifie et prend des énormes relai et maintient un gros rythme, je sais qu’il le fait pour m’aider. On arrive à Saint-Etienne de Baigorry, je tourne et file vers Banca, Urepel et le col de Urkiagua. Je croise un groupe et accélère pour m’isoler, je ne souhaite pas subir le rythme d’autres coureurs. Je vois une lumière pas loin derrière qui reste à quelques mètres, je l’interpelle avec un « t’es qui toi? » et on commence à discuter. C’est Loris Pasquier, une des prétendants à la victoire qui a décidé de me suivre plutôt que de suivre son propre parcours… Cela fait parti des choses que j’aime moins dans la course avec le drafting autorisé mais on discute bien c’est sympa, on roule même très bien ensemble. Il me lâche un « moi les lignes droites c’est pas mon truc… » (il est donc foutu).

On fait une traversé de Pampelune sans circulation avec des conditions météo parfaites et on enchaine les kilomètres d’une facilité déconcertante. On arrive déjà à l’entrée du Désert de Bardenas, à voir la vitesse à laquelle on roule je me dis que possiblement on va arriver en tête au CP1, je garde donc le rythme sur ces 30 kilomètres de gravel. Des pistes que je connais bien car je les ai repéré quelques semaine avant justement. Ça roule tellement bien que je peux presque rouler sur les prolongateurs. Une fois le passage de la petite rivière franchis ou je montre à Loris où passer sans souci je prends un rythme un peu plus conséquent et crée un petit écart, je fonce en direction du CP. Je ne vois aucun phare à l’horizon, je serai peut être premier au cp. 

J’arrive au cp1 et découvre que Mathieu est déjà la, il vient d’arriver quelques minutes juste avant,  je fais demi tour rapidement et repars avec lui, on est encore sur un gros rythme et on se dit qu’on va rouler ensemble pour creuser l’écart sur les autres copains. Pour la sorti du Désert nous avons chacun notre trace, on se sépare avec un magnifique levé de soleil (au passage j’ai plus d’une heure d’avance sur mes estimation) 

Le jour se lève et les kilomètres défilent, très vite il commence à faire très chaud, je n’ai pas encore enlevé toutes mes affaires, il faut dire que je roule sur un bon rythme et je ne m’arrête pas pour le garder et creuser des écarts. 

KM316, premier stop, coup de chaud, je m’arrête sous un arbre à l’ombre, me déshabille mange un wrap que Emilie m’avait préparé et me refroidi plus globalement. Je reprends la route en meilleur état que je ne l’ai quitté. Assez rapidement je profite de la traversée de quelques villes pour prendre des glaces, des eaux gazeuses et coca cola dans les bars que je croise. 

A l’approche du CP2 je suis toujours en deuxième place, derrière moi ça remonte fort, Florent Dumas, Florian Moreau, Loris Pasquier et Justinas Levaika. J’enchaine, me ravitaille et roule kilomètres après kilomètres, les chiffres sont dingues et les lignes droites interminables. 

Il est 22h, je viens de passer au CP3 et j’en suis à 550 km depuis le départ. J’arrive sur la ville de Buendía, première surprise, j’y suis déjà passé l’an dernier et je m’en rappelle bien car je m’y étais arrêté pour manger, je connais donc déjà l’emplacement du restaurent et leur carte. J’y rentre et commande le même sandwich que l’an dernier, je montre même au serveur une photo de lui de l’an dernier. Un cycliste me rejoint à ce moment la, c’est Florian Moreau, il parait être neuf alors que je suis détruit la tête dans mon assiette. Je mange difficilement mon sandwich et ma tortilla et par en quête d’un abris pour dormir. 

Je visite la ville mais rien de fameux pour dormir, je reprends la route et téléphone à Emilie au même moment, il doit être environ minuit à ce moment la. Elle regarde sur Google les prochaines villes en quête d’un abris quatre étoiles pour que je puisse dormir. Je rentre après une vingtaine de kilomètres dans un village ou des arches sont devant la mairie mais je ne les sélectionne pas car le lieu est beaucoup trop éclairé. Je fais le tour du village et pousse la vieille grille du parvis de l’Eglise. Son porche avec ses marches d’escalier me semblent accueillant. À l’abris des lumières et du vent je m’installe dans ma couverture de survie pour dormir. Je mets le compte à rebours pour une heure et m’endors immédiatement. Le réveil sonne, je relance pour une heure supplémentaire. 

Je me réveille, reposé, même étonnement frais, je prends un gel au café pour simuler un petit déjeuner et repars dans la nuit. Pour passer la nuit restante je me lance dans l’écoute de podcasts d' »Affaire Sensible » de France Inter, le thème : Les drames en montagne. (NB : Patrick DROUEL, j’espère ne jamais être dans un épisode). Je croise à ce moment Florian, qui est gelé après avoir passé une nuit horrible. Quelques km plus tard nos deux routes se séparent et je me relance dans mes épisodes tout en roulant sur un bon rythme. 

Le jour se lève petit à petit et je remonte sur Florent Dumas et Mathieu Kalia, Florent fait des erreurs de parcours, Mathieu le passe, de mon coté j’ai du gravel agressif pour reprendre des kilomètres et du temps. Tout se passe très bien, je vois sur Instagram que Florent est passé de nuit au cp Barrancas, j’en profite pour lui envoyer une photo de l’endroit en plein jour. 

Je finis par retrouver Florent dans une station service et on en profite pour blaguer quelques minutes, je lui paie une bouteille d’eau, il me passe une banane (avec le mot : tu la mangeras cette nuit quand tu seras fatigué… Il n’a pas le temps de finir sa phrase que j’ai déjà fini la banane verte, cela faisait des heures que je voulais manger un fruit !) On repart en direction du CP5 et du CP6.

Après la descente de Sancti-Spíritus, on découvre un endroit incroyable, on ralentit, discute et prenons des photos. Une fois les paysage passés on recommence à monter, Florent me lance un « aller va le chercher »  et je m’exécute immédiatement, je sais que Mathieu n’est pas loin. À ce moment là il y a de belles portions gravel ou je me régale de vitesse, ça dérape mais ça passe sans problème, c’est plaisant aussi de faire des dérapages. 

Sortie du CP6 je croise l’équipe de la course, échange deux blagues avec Victor qui filme et continue sur mon rythme. J’arrive sur un détail sur mon compteur, une pointe qui me montre un chemin que je n’avais pas réussi à tracé. C’est un chemin piéton, il a l’air propre, je m’engage dedans, ça me permettra peut être de passer en tête. Je finis par pousser mon vélo dans la bonne humeur, je sais que je gagne des km. Arrivé au sommet je vois la route en contre bas, je n’avais pas prévu ce « talus » d’autoroute à descendre… Bon un peu d’escalade n’a jamais fait de mal. Après une descente un peu sport je me retrouve sur la route et fier de mon raccourci je continue à pédaler. 

Quelques kilomètres plus loin, je tourne sur la droite pour récupérer une route secondaire qu’avec Clément nous avions sélectionné. Le bitume est vraiment abimé, je zigzag entre les trous sur plusieurs kilomètres avant de retrouver une nationale. Le jours se couche, je viens de passer la barre des 1000 kilomètres, c’est la dernière ligne droite, la dernière nuit. 

Mon parcours n’est pas si mauvais finalement, après cette route abimée je fais de la nationale et j’enchaine sur de la piste gravel le long de l’autoroute qui roule très bien, aucun souci de ce coté là. Question paysage je ne me pose pas de question, il fait nuit noire. Sur ces petites routes de Gravel je vois arriver derrière moi une voiture de police, Les policiers me font signe et je m’arrête, (je vois l’amende pour les écouteurs arriver à grand pas) je leur dis « Es una compéticion »  et il me réponde ok ok aller vas y ! 

J’arrive maintenant dans Mérida, il me faut absolu trouver à manger pour passer la nuit, ça tombe bien je trouve un McDonald, ni une ni deux je commande 2 cheeseburger et 9 nuggets avec un jus d’orange. Je remplis mon camel back dans les toilettes, mange les deux cheeses et reprends la route. Mathieu m’a dépassé alors que je mangeais mon cheeseburger (retour de karma d’avoir choisi la malbouffe, mais j’ai su après coup qu’il avait fait de même), nous sommes à moins de 5 kilomètres d’écart. 

Une fois mes nuggets terminés je me lance dans un contre la montre pour le dépasser et ainsi atteindre son moral. Impossible, pendant plus de deux heures je roule à fond sans le rattraper, lui fait de même devant… Le chrono est tellement intense que j’en ai mal aux tibias (j’ai même enlevé mon kway pour être plus Aero) On traverse la frontière et la route se dresse pour une montée interminable, d’un coup je me sens complètement épuisé, j’ai trop pousser sur le clm… 

Le coup de pédale est lourd, comme ma tête, je ne vais pas passer en tête cette nuit… Je suis en recherche d’un endroit pour dormir mais rien n’est idéal, c’est une longue route avec des platanes sur le coté. Je roule et trouve une un portail d’entrée de domaine avec un palmier sur le coté. Je suis à l’abris du vent et grande surprise, des branches de palmier sont au sol. Étonnement je suis dans un spot incroyable. Je m’installe toujours dans ma couverture de survie pour dormir 30 min + 15 min. 

Je reprends la route, correctement dans le brouillard mais avec l’objectif d’arriver à Evora pour le petit déjeuner. Je m’y étais déjà arrêté lors du Bikingman Portugal l’an dernier. Après un petit déjeuner au ralentit mais indispensable je reprends ma chasse. Je suis en embuscade et j’attends un faux pas de Mathieu. Il reste 200 km environ. 

J’enchaine les kilomètres sur un rythme normal, sans faire de pause, c’est la dernière ligne droite et la chaleur est accablante. J’arrive au dernier CP, j’avance jusqu’à la falaise. Fait quelques photos. Emilie me téléphone à ce moment la… En furie, elle me pousse pour que je prenne le même Ferry que Mathieu, on a seulement 50 minutes d’écart pour les derniers 40 km. 

Je reprends la route sur le rythme maximum que je puisse rouler, c’est à dire aux alentours des 28 / 30 km/h, avec le vent de face ce n’est pas évident bien sur.

J’arrive enfin au ferry, il est 13h30, Mathieu à pris celui de 13h, je suis heureux et un fatigué deuxième. Je n’ai plus de batterie sur mon téléphone, juste je profite de cette traversé de 20 minutes. 

Je débarque et rejoins l’arrivée, heureux de la performance, légèrement frustré d’une victoire si proche mais je savoure. J’ai roulé à 22km/h pauses comprises, ce qui correspond exactement à mes prévisions. C’était une sacré parti de manivelle !!!!! Merci Mathieu pour cette bataille ! 

Dans les prochains mois il me restera à décider si je reviens pour une quatrième fois, en attendant je compte profiter du Portugal quelques jours avant de repartir pour la prochaine course le 1er Mai à Gérone (560 km de gravel) 

Merci également aux nombreuses personne qui me soutiennent : Le Groupe Clim, Hutchinson, Miss Grape, Néo wheels, Supervelo, Fastclub, les Glaces Romanes.

Dans quelques jours sortira la vidéo embarquée de la course sur la chaine YouTube GCN en Francais et je vous y ai mis pas mal d’anecdotes et surprises ! 

L’activité sur strava : https://www.strava.com/activities/11187368770

Fastclub l’équipe d’ultra au départ de la Désertus Bikus

Dans la nuit de vendredi à samedi prochain ca sera le départ de notre première course d’ultra de l’année. Bien évidement Fastclub sera présent au départ pour offrir le café à tous les participants, mais nous seront présent aussi avec la plus grosse équipe de la course.

Pour suivre leur aventure lors de cette course, vous avez juste à utiliser ce site et à mettre leur numéro : https://madcap.cc/. Le live devrait fonctionner sur pc et mac (pas pour le moment) Pour un suivi plus précis vous pouvez télécharger l’application sur votre mobile.

Les voici :

Nicolas Feuillet, nous vient des Landes, il fera ici son premier Ultra à vélo. Son objectif est de finir en 6 jours. Numéro : 42

Maxime Prieur, notre représentant de chez gcn vise lui la première place. Numéro : 5

Laurent Garbolino, habitant du pays basque avec une solide expérience, son objectif est de finir en 2 jours. Numéro : 64

Yan Ducasse, encore un habitant des Landes qui a déjà fait un Ironman, il vise les 6 jours pour terminer. Numéro : 268

Dumas Florent, habitant en Haute-Savoie, grand adepte des ultras, il vise le podium en 3 jours. Numéro : 6

Lea Spitzer, nous vient des pyrénéens atlantiques, elle est nouvelle dans ce milieu et souhaite juste finir la course dans les temps, pas d’objectif de chrono (ce qui est déjà un bel objectif). Numéro : 17

Thomas Delaplace, notre représentant de Haute-Garonne, n’en est pas à sa première course d’ultra et vise alors les 3 jours. Numéro : 122

Romain Lucena, voilà un deuxième représentant de Haute-Garonne qui est aussi aguerri que le premier sur ces courses et vise également les 3 jours pour finir, il va tout donner. Numéro : 118

Fabrice Lafourcade, encore un habitant des Landes habitué des longues distance, souhaite finir en 5 jours pour sa part. Numéro : 63

Clement Bancons, vient également des Landes, mais n’est pas à son cout d’essai, il vise les 3-4 jours pour terminer. Numéro : 195

Comme vous pouvez le voir ca va clairement etre une sacrée course remplis de bonne humeur et de bonne anecdote. Je pense qu’il ont deja hate de les raconter.

N’oubliez pas que chaque encouragement sera moteur pour chacun de l’équipe car nous pédalons seul physiquement mais à beaucoup mentalement !

On souhaite une bonne course a tous, le but est que tout le monde arrive au bout et que le podium soit uniquement en Fastclub bien sur.

Protégez votre vélo lorsque vous faites du Bikepacking

Que vous soyez un adepte de longues balades à vélo le weekend, un voyageur avide de bikepacking à travers des paysages inexplorés, ou simplement quelqu’un qui compte sur son vélo pour le quotidien, une vérité demeure : votre vélo est précieux. Il n’est pas seulement un moyen de transport, mais un compagnon d’aventure, un investissement dans votre santé et votre liberté. C’est pourquoi le protéger devrait être une priorité absolue.

L’Importance de la protection

Les sacoches, la terre, les branches, les UV, le mobilier urbain, vos chaussures toutes ces choses peuvent abimer la peinture de votre vélo, créer des rayures et simplement usée votre pépite de vélo.

La solution : Le Kit Sticker Terrazzo Slicy x Fastclub

Conscient de ces défis, nous avons développé le Kit Sticker Terrazzo. Plus qu’un simple film protecteur, c’est une armure sur mesure pour votre monture, combinant esthétique unique et protection haut de gamme contre les rayures, les éraflures et les impacts légers. Sont épaisseur et sa resistance vous garantira une protection efficace et résistante pendant de nombreux kilomètre.

Caractéristiques Uniques :

  • Protection Sur Mesure : Prédécoupé pour s’adapter parfaitement à chaque courbe de votre vélo (qu’il s’agisse de route, gravel, VTT, descente (DH), BMX,…), le Kit Sticker Terrazzo offre une couverture complète tout en améliorant l’esthétique de votre monture.
  • Design Terrazzo : Avec son design terrazzo personnalisé, il ajoute une touche d’originalité à votre vélo, le distinguant des autres et reflétant votre personnalité.
  • Finition Mate ou Brillante, couleur claire ou sombre pour s’accorder à votre vélo.
  • Durabilité : Résistant à l’eau, aux UV, et conçu pour durer, il garde votre vélo à l’abri des éléments et des aléas de vos aventures.
  • Installation Facile : L’application est simple, permettant à chacun de protéger son vélo sans effort ni besoin d’outils spéciaux.

Pourquoi Choisir le Kit Sticker Terrazzo ?

En choisissant le Kit Sticker Terrazzo, vous ne faites pas que protéger votre vélo ; vous investissez dans sa longévité, vous préservez sa valeur et vous affirmez votre style. C’est l’accessoire indispensable pour tout cycliste qui se respecte, surtout pour ceux qui se lancent dans le bikepacking et qui affrontent les défis de la nature.

Que vous traversiez des forêts denses, que vous escaladiez des montagnes ou que vous naviguiez dans le chaos urbain, le Kit Sticker Terrazzo est votre garantie contre les imprévus, permettant à votre vélo de rester aussi impeccable et performant que le jour où vous l’avez acquis.

L’Atlas Mountain Race de Julien

Julien Roissard notre expert Ultradistance qui à deja une tres belle liste de course fini avec souvent de tres bon résultat (y compris la TCR en juillet 2023). Aujourd’hui il nous rapporte son aventure sur une nouvelle course mythique l’Atlas Mountain Race Une course organisé par Nelson Trees, une personne légendaire de l’ultra distance.

Depuis que cette course existe elle m’attire. C’est un dépaysement garantie sans aller trop loin. Chaque fois c’est un regret quand sur Dotwatcher.cc en février. Mais ce n’est pas facile de se décider au mois de novembre plus une période de pause du vélo. C’est donc poussé par le suivi des amis du Fastclub sur la Bikingman X et après analyse du réseau de transport France/Espagne/Maroc que je décide de m’inscrire ! Car oui j’étais aussi un peu retenu par le transport en avion. 

Avant course – Déjà une aventure

C’est en train que je pars de Chambéry. Première étape à Barcelone. A eux seul les 300m pour rejoindre mon hôtel me font rendre compte que chaque mètre avec le vélo sur les épaules va faire mal … Le lendemain matin je me lance dans une petite balade récompensée par un chocolat chaud d’exception.

Puis c’est le départ pour Madrid où je note qu’avec la compagnie Renfe le vélo à de la place. Ensuite cap sur Algésiras. La traversée de la région de Cordoba me donne des fourmis dans les jambes, l’envie de parcourir ces routes à vélo est là ! La fin du trajet s’avère longue, avec une descente dans des gorges où l’on ressent le train sur la retenu. Et ce n’est pas fini, je décide de filer à Tarifa à 20km en taxi pour être sur place le lendemain. Arrivé à Tarifa, ville de départ du ferry, tard dans la soirée, je trouve un petit restaurant charmant pour dîner. Le réveil est rude le lendemain à 6 heures. Le vélo qui cogne ont créées des douleurs aux épaules et aux cuisses avec de jolis bleus en souvenir.

Une fois débarqué à Tanger direction la gare en taxi malgré seulement 3km. Au moment de l’enregistrement, un membre du personnel de l’ONCF s’inquiète de la taille de mon bagage, mais son supérieur ne voit aucun problème. Heureusement car le wagon était quasi-vide donc suffisamment grand pour accueillir plusieurs vélos. Changement à Casablanca pour un train de type TER. L’espace se fait plus restreint mais ça va.

48h avant le départ l’arrivée à Marrakech avec sa superbe gare me font un grand bien, encore plus de pédaler pour me rendre à l’hôtel. Arrivé je croise Thomas Boury, alias Toto Supertramp, qui me prodigue des conseils sur le quartier. Plus tard nous échangerons plus précisément sur la course à venir. Le jour du départ, alors que je savoure un bon couscous au restaurant repéré la veille, un message vient chambouler mes plans : décalage du départ de 24 heures ! Les autorités refusent un feu vert pour cause de pluie forte et donc de crue. Le lendemain l’attente se prolonge jusqu’à 16 heures sans nouvelles. Je profite de ce temps pour renvoyer mes affaires de pluie et froid en France. Finalement à 18 heures un départ non officiel est annoncé, sans escorte policière, avec des itinéraires alternatifs jusqu’au CP1. Enfin en route, l’aventure peut réellement commencer ! 

Km0 – Marrakech – Lets go !

En mode « autobus » ça roule à toute allure ! Pendant 40 kilomètres avant la première piste accidentée et du relief. À un moment donné, je prends une bifurcation à droite pour suivre l’itinéraire, et là, je me retrouve face à tout un peloton. Perdu, je fais demi-tour pour les suivre. On échange quelques mots, mais personne ne semble vraiment comprendre la situation. Puis, un message arrive : la route est fermée et la police nous impose un gros détour par une route principale. Le peloton remet du temps à s’étirer, mais ce seront les derniers kilomètres ainsi. Maintenant, la vraie course démarre en autonomie. Le col semble interminable avec ces 70km. Sur ma route, je recroise Steven Le Hyaric, accompagné d’Adrien Liechti, que je n’avais pas vu depuis 2021 lors de la TwoVolcano. Je retiens bien un conseil de sa part : prévoir 24h d’autonomie à chaque arrêt. Une fois passé le col, un vent de folie me frappe de face ou de côté. Je frôle la chute lors d’une rafale latérale. Arrivé au CP1 à Telouet, je fais un arrêt ravitaillement minimum. Il ne fait pas chaud et ce vent persistant est usant. 

CP1 – Telouet – Express !

Quelques kilomètres plus loin le vent se calme et c’est la fin du bitume. Le reste de la nuit se déroule sur des chemins rocailleux où il faut rester vigilant pour éviter les crevaisons ou les chutes. Un terrain vallonné nous accompagne jusqu’au magnifique lever du soleil. Ensuite, la plaine s’étend devant moi avec de grande ligne droite jusqu’à un point de ravitaillement crucial à Imassine pour la journée à venir avec une dizaine d’heures sans rien.

Une omelette, de l’eau, un peu de nourriture, une toilette rapide, un contrôle du vélo, et me voilà reparti. Une traversée de gué arrive rapidement, ce sera pieds nues avec un séchage ensuite pour éviter les problèmes liés à l’humidité. Ensuite, je fais face à un passage difficile, technique, raide et sous une chaleur accablante. Aucune végétation, pas d’eau, pas de vie. Les odeurs corporelles s’intensifient avec la chaleur du sol, et l’absence d’air devient étouffante. Je commence à douter de ma présence ici, mais ma patience me pousse à avancer, avec un regain de forme par rapport à d’autres concurrents dans cette rude montée. La suite semble interminable, avec une série de petits cols à franchir. Mais le paysage est là et le coucher de soleil vient gratifier le tous ! Je m’efforce de ne pas arriver trop tard au prochain village, Afra, où je retrouve d’autres participants.

Certains négocient une pièce pour dormir, mais je préfère une toilette rapide avant de continuer pour un endroit plus tranquille pour la nuit. Après quelques kilomètres, je trouve un spot idéal sous des petits arbres avec une bonne couche de sable. Je m’accorde trois heures de sommeil avant de repartir à minuit. Les premières heures sont éprouvantes, avec des fonds de gorges sablonneux ou rocailleux, mais une fois sur la route et après avoir franchi un col, je suis récompensé par un petit café ouvert à 5 heures du matin à Ait Saoun (ça c’est Fastclub) avec une personne très accueillante. C’est mon premier café depuis le début de la course, un moment de réconfort bienvenu avant de continuer.

Une de mes portions préférées m’attend ensuite, avec une piste vallonnée, roulante et le lever du soleil qui illumine le paysage. Des espaces agricoles apportent un peu de verdure et de bonnes odeurs d’arbres en fleurs. Le retour sur le bitume soulage et je fais un arrêt dans Tazenakht pour me ravitailler.

Au Maroc, les options salées rapides sont rares et je me retrouve avec du pain et de la vache qui rit comme seule option. Le trajet dans mon système digestif fut très rapide…une erreur que je ne répéterai pas. Alors que je traverse un village plus loin, un bruit fort et sec retentit et je sens une chaleur sur mon mollet droit : un tir de lance-pierre vient de frapper mon cadre ! Je ne perds pas de temps et continue ma route un peu déçu. Arrivé au CP2 à Asserraragh à 17 heures, je sais que la suite du périple risque d’être difficile sans ravitaillement, alors je savoure un tajine de bœuf avant de repartir. 

CP2 – Asserraragh – Le plus beau !

Encore une fois, un spectacle incroyable se déroule alors que j’entame une descente dans une gorge bordée de falaises abruptes. Après un moment sur la route, je retrouve un chemin technique avec un magnifique coucher de soleil. Je partage ce moment avec Adrien, qui fait son premier ultra, et je ne peux que lui témoigner mon respect. Nous arrivons ensuite dans un village où je m’attendais à trouver de l’eau, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Il va falloir gérer avec ce qui me reste. Les 30 kilomètres suivant sont un faux plats montants sur du bitume, une sensation d’être collé au sol qui m’épuise. Je dois me forcer et commence à surveiller attentivement le bas-côté de la route. Dès que je repère un gué avec du sable, je m’arrête pour 3 heures de sommeil bien méritées.

La reprise sur ce faux plat infini est difficile puis le terrain devient ensuite technique et raide. Je commence à avoir du mal à rester assis sur la selle quand ça secoue. La descente qui suit est tout aussi éprouvante, avec des cailloux ronds comme dans un ruisseau à sec. Tout en danseuse je m’épuise à descendre. Arrivé en bas, je vois le bitume comme le sommet d’un grand col, mais la joie est de courte durée. Un village est là, mais rien n’est ouvert. J’hésite à faire une pause pour attendre une ouverture mais l’envie de continuer est trop forte. La suite est une montée difficile, où je ne peux toujours pas m’asseoir sur la selle. Je tire sur les genoux en danseuse, me questionnant sur ma capacité à continuer. Mais comme par miracle le terrain s’adoucit, je peux enfin me rasseoir, et le moral remonte. Le lever de soleil dans la montée de la route coloniale est un moment magique, récompensant tous les efforts précédents.

Après avoir traversé des éboulements de chemin à pied et poussé le vélo, j’atteins enfin le sommet. Je centralise tout ce qui me reste en eau dans un seul bidon pour bien voir ce qui me reste. La descente n’apporte aucun répit. Le chemin est abîmé puis arrive une plaine avec des bosses. C’est dans le dur que je rejoins la route et la ville d’Issafen : un véritable soulagement 18h après le CP2.

Après une bonne pause pour reprendre des forces avec une belle omelette je repars. Mais c’est midi et la chaleur devient insupportable. Heureusement, nous nous enfonçons dans une gorge parsemée de villages verdoyants qui apportent un peu de fraîcheur. La montée finale est difficile, mais je peux enfin m’asseoir, et l’air redevient frais. Sans un vent désagréable la suite aurait été parfaite avec une belle piste sur un immense plateau. Mais ça va, en plus arrive le coucher du soleil. Après une courte pause à Afella Ighir pour une bouteille d’eau et un paquet de chips, je file déterminé pour passer rapidement un col et redescendre à Tafraout le CP3. Arrivé je profite des installations disponibles : nourriture, douche gratuite et possibilité de dormir. Après une journée aussi éprouvante, je décide de manger et de prendre une douche en attendant le service. Finalement, je me dis qu’il serait sage de passer la nuit ici et de bien récupérer avec 4 heures de sommeil. La journée a été rude et je sais que la fin ne sera pas le lendemain ! 

CP3 – Tafraout – le luxe !

Au réveil à 3 heures, un café et trois Snickers pour la route, c’est tout ce qu’il y avait. Ça repart tranquillement sur de la route, mais ça regrimpe vite avec des petits cols. Ensuite, nous empruntons une piste plutôt roulante pour atteindre des villages perchés juste incroyables. J’arrive au sommet avec le soleil levant et profite pleinement de la descente. Il faut être prudent car, une fois de plus, certaines portions sont très dégradées. En bas, je m’attendais à trouver un village avec un magasin, mais rien. Il va falloir affronter un chemin technique et raide sous le soleil qui va chauffer aujourd’hui. Nous avons quitté le plateau de l’anti Atlas et redescendu au niveau de la mer. Pendant l’approche, je rencontre plusieurs difficultés : mon vélo s’enfonce dans une terre molle, en descendant du vélo pour enlever la boue je me blesse à la jambe sur un petit cactus, et plus loin je ne declipse pas et tombe lourdement sur ma main droite dans un tas de cailloux. Mais malgré ces galères en 200m, je commence l’ascension difficile avec détermination. La chute semble avoir libéré de l’adrénaline en moi, transformant le désespoir en puissance. J’atteins finalement Sidi Abdallah où je retrouve Adrien, Florian, Andrew, Victor et Camille. Je serai le dernier à mettre les voiles car le gérant un peu perdu a oublié mon omelette…je préfère attendre et repartir bien !

Après c’est une série de pistes roulantes cassé par creux « descente/monté » de petits canyons. J’arrive dans un village où je prévoyais de faire le plein d’eau avant d’affronter une ligne droite difficile. Mais je ne vois pas grand-chose si ce n’est plein d’enfants qui courent autour de moi. À peine sorti du village, je me retrouve dans du sable qui rend la progression difficile. Je me dis que c’est une petite portion mais je réalise vite que je m’engage dans la fameuse partie de sable dont tout le monde parle. Les premiers plantages du vélo ne tardent pas à arriver, et je lutte pour avancer sous 40°C. Je suis abasourdi de voir un autre coureur passer comme si c’était une route. Je persévère, tentant de régler la pression du pneu arrière pour améliorer la situation. Après presque 2h pour 17km j’arrive au bout de ce calvaire. Il y’a un grand rond-point avec des grosses routes et donc des voitures « café » pour me requinquer rapidement. Je veux tracer jusqu’au prochain village où je me restaure et prend de quoi retrouver mes esprits.

L’objectif est un dernier gros village Amskroud avant la nuit où s’annonce une portion difficile de 93 kilomètres 3000m. J’attaque cette section en soirée, mais je sens rapidement que mon corps a besoin de repos. Je me bats pour passer un premier gros col et approcher au mieux le suivant. Mais arrive une montée dure à rouler où je dois tirer en danseuse. J’accélère l’urgence de trouver un spot. Un petit plat sur le côté : parfait vu le contexte. Une boîte de sardine avec du pain, un peu de toilette (malheureusement Cicalfate oublié au CP3) et je m’accorde une heure de sommeil bien méritée. Mais avant de repartir je sens que ça ne va pas le faire avec la selle et utilise un dernier joker : un pansement Urgostart sur chaque appui ! ça m’a sauvé (Merci Maxime).

Je rejoins le pied du gros morceau : la montée du « Stelvio » du Maroc dans la vallée du Paradis. Et là un grand merci à Yasinne d’avoir ouvert son café la nuit pour les coureurs de l’AMR au pied de cette montagne. Après un petit déjeuner rapide, je repars refais et avec des cacahuètes locales ! 2h30 plus tard la descente qui suit est longue, mais je prends mon temps pour rester concentré. Ensuite, il y a encore des collines à franchir avant d’atteindre la ville côtière d’Imsouane. Je fais une pause suffisante dans une boulangerie-pâtisserie avec pour objectif 6h non-stop jusqu’à la fin. Je me plante un peu en choisissant deux Msemen qui étaient d’une densité folle, j’ai eu du mal à en manger un avant de repartir et l’autre je l’ai terminé deux jours plus tard à l’aéroport…

Sinon la suite est progressive avec une partie de route pour digérer avant de dériver sur des chemins que je ne pouvais faire qu’en danseuse. Tout ça avec l’océan pas loin qui rappelle que la fin approche ! Les dix derniers kilomètres sont sur route, alors j’appuie sur les pédales jusqu’à apercevoir enfin l’arrivée dans Essaouira avec un panneau de l’Atlas Mountain Race ! 5 jours pile après le départ l’accueil est calme avec Nelson, qui discute avec Thomas sur le départ, et des personnes du staff. Intérieurement je suis heureux mais je le manifeste peu avec la forte envie de partir prendre une douche, de manger et de me coucher ! 

Après course :

Sûrement ma course la plus dur en termes de gestion d’alimentation et d’état du terrain : résultat c’est très difficile d’estimer un temps avant chaque ravitaillement et la relation avec ma selle a été compliquée ! Mais en échange avec des températures au-dessus des normales de saison ça été facile de gérer le sommeil. Tous ont été efficaces malgré le fait de ne pas avoir pris de matelas. Le sol restait chaud la nuit et c’était facile de trouver un terrain meuble en sable. Donc au final je n’ai improvisé aucune sieste à cause de fatigue prononcé. 

Encore une super aventure riche en expérience, la plus dépaysante qui pousse un peu plus en dehors de nos « conforts » ! Je retournerai sûrement au Maroc mais ce sera hors course pour profiter à 100%.

Pour finir je n’ai malheureusement pas pu concrétiser mon objectif de ne pas utiliser l’avion. Entre le décalage du départ de 24h, le mail d’annulation de mon train Barcelone-Chambéry pour grève et la fatigue qui rend tout plus compliqué. Dès le lendemain ça a déjà été une mission de remettre le vélo dans ça housse. Et ensuite un enchainement de taxi, bus, taxi, magasin de vélo, taxi pour rejoindre un hôtel à Marrakech avec le vélo prêt dans un carton !

Pour finir un grand merci à tous pour vos messages ! Encore plus pour cette course où j’ai ressenti la plus grande amplitude entre les hauts et les bas !

Voir sa course sur Strava ici

Merci à toi Juju d’être partie en éclaireur pour les prochains membres de l’équipe Fastclub qui partira sur cette magnifique course. Merci à toi de nous la partager et de nous faire revivre de l’intérieur ta course.

Le programe 2024 de Captain Max

La saison des courses d’ultra distance va bientôt démarrer, l’année devrait être complètement folle.

Sans vraiment lâcher cet hiver j’ai repris l’entraînement sur les longues distances, tout ce passe à merveille. Je teste actuellement mon matériel, mon alimentation.

Les nombreux challenges et différentes vidéos avec GCN me permettent de même améliorer mon moteur, c’est une façon encore différente de m’entraîner par rapport aux années précédentes. J’ai hâte de mettre tout ça en route et enchaîner les kilomètres avec l’excitation de la course. J’ai hâte également de vous partager les courses de l’intérieur et de sentir vos encouragements qui me poussent à me dépasser.

Cette année le programme est simple et efficace, peu de courses mais chacune ont été sélectionnées pour leurs parcours et palmarès. Mon orientation se tourne vers les épreuves gravel en cherchant des parcours plus cassants et l’autonomie la plus complète.

Les courses seront globalement moins importantes en kilométrage mais plus dure physiquement, les challenges sont beaux.

Ça ne m’empêchera pas de manger de belles glaces 🍦 en station service pendant les courses ! Le plaisir ça ne se négocie pas !! J’ai hâte !

Ps : les temps off entre les courses me serviront à saisir des opportunités d’aventure, je pense pourquoi pas aux amis du @bikingman_ultra

Toutes ses courses et challenges ne serait pas possible sans mes partenaires, je les remercie de leurs soutient encore une fois 🙏

@fastclub_cafe@hutchinsoncycling@groupeclim@supervelo.cc@miss_grape_official@rideneowheels @spad_channel @cafe_romane@glacesromane

Merci également au meilleur club del moundo : @fastclub_cafe✌🏻🤩

Le Café du Mois

Pourquoi ?

Avec toute l’équipe Fastclub, on s’est lancé un nouveau défi : vous proposez tous les mois un nouveau café, « Le café du mois » Le but étant de vous faire découvrir des saveurs différentes de nos cafés. 

Notre choix pour Mars

Pour Avril, nous avons choisi avec Patrick notre Torréfacteur un assemblage qui correspond à un mélange entre plusieurs cafés 100% Arabica et de spécialité. C’est un assemblage de variété en provenance du Guatemala Ayarza / Tanzanie / Honduras qu’on nomme TRES TIERRAS.

Le résultat de cet assemblage donne une belle onctuosité, un parfum et une douceur agréable à déguster. Son goût a des saveurs fruité. 

Un café comme celui-ci peut se déguster à toutes heures de la journée, on vous le conseille en expresso avant un entrainement pour vous donner du peps (ou avant de partir travailler…) et en début d’après-midi en café filtre pour faire ressortir toutes ses saveurs.

Sur notre échelle de notation ce café est d’une force de 6 et une acidité de 2.

Faites vous livrer dans toute la France ou venez le récupérer chez Supervelo (84)

Ps : D’après Patrick vous ne dégusterez rien de meilleur en Avril…